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Problématique de la décharge de Jbel Borj Chakir/Attar. Grand Tunis (Tunis, Ariana, La Manouba, Ben Arous)

    Cette décharge a été construite en 1999. Sa superficie est d’environ 120 hectares. Elle se trouve au beau milieu milliers d’hectares de zones agricoles fertiles. Depuis sa construction, cette décharge est la source majeure de nuisances de pour les résidents des zones avoisinantes :

    • Les mauvaises odeurs se dégageant du casier de déchets et des bassins de lixiviats se font sentir dans un rayon de plus 5 km de la décharge. Ces nuisances touchent essentiellement les résidents d’El Attar/Borj Chakir, Jayara et Sidi Hassine, population de plus de 50 000 personnes.

  • Il y a une mauvaise gestion des lixiviats dans la décharge. La capacité de traitement est inadéquate ce qui a eu comme effet que des quantités énormes ont infiltré le sous-sol et contaminé la nappe d’eau dans la région dans un rayon d’environ 3 km. Ceci a eu comme résultat qu’une dizaine de puits ont été contaminés. Plusieurs puits dans la région ont été condamnés par le ministère de l’agriculture et le ministère de la santé puisque les concentrations en nitrates ont dépassé toutes les limites tolérables. Comme conséquence de la contamination des eaux, plusieurs familles n’ont pas d’eau pour donner à boire à leurs animaux, ni pour irriguer leurs champs.
  • Des maladies de la peau sont apparues au sein des enfants de la population locale que nous avons pu visiter. Pour le moment, elles consistent essentiellement en des lésions de grattages. Il n’est pas encore clair si ces maladies peuvent se développer pour devenir plus graves. Des maladies respiratoires sont apparues au sein de la population riveraine et elles consistent essentiellement en des troubles respiratoires et d’asthme. Ces constatations sont concordantes avec des résultats d’études scientifiques très poussées qui ont été publiées aux Etats Unis et au Royaume Unis sur les impacts sanitaires des décharges de déchets sur les habitants des zones limitrophes.
  • Depuis la révolution du 17 décembre 14 janvier, les résidents de Borj Chakir/Attar ont entrepris des démarches pour obliger les responsables à faire le nécessaire pour réduire les nuisances. Ils ont eu des entretiens avec des représentants municipaux et locaux. Ces efforts étaient mal organisés et sont restés sans aucun résultat puisque les responsables gouvernementaux ont tout simplement toujours trouvé des excuses pour demander plus de temps pour régler les problèmes causés par la décharge. En fait, rien n’a été fait et les revendications des résidents de Borj Chakir/Attar car leurs revendications ne sont jamais parvenues aux hauts responsables gouvernementaux (ministère de l’environnement et premier ministère).

  • Le problème de cette décharge est beaucoup plus complexe que les autres décharges :
  • C’est de loin la décharge la plus grande en Tunisie avec une capacité de plus de 3 000 tonnes jours, pouvant atteindre jusqu’à 4 000 tonnes durant les campagnes de propreté. C’est la seule décharge dans le Grand Tunis (gouvernorats de Tunis, La Manouba, L’Ariana et Ben Arous), pour une population de plus de 3 000 000 d’habitants.
  • Les nuisances générées par cette décharge sont de loin plus importantes que les autres. Dans cette décharge, il existe plus de 11 bassins de lixiviats (capacité totale de près de 400 000 m3) qui sont tous à ciel ouvert.
  • Sur une base régulière, l’exploitant décharge des quantités importantes de lixiviats dans l’environnement. Comme résultat, la nappe d’eau dans un rayon de plus 3 km de décharge a été contaminée. Plusieurs puits ont été condamnés par les ministères de l’environnement, de l’agriculture et de la santé.
  • La surface du front ouvert de déchets, c’est à dire les déchets qui ne sont pas couverts par du remblai est de plus de 20 000 m2.
  • Le nombre de camions traversant la communauté d’El Attat/Borj Chakir excède les 200/jour pour une moyenne d’un camion/5 minutes, et ce trafic se fait jour et nuit sans distinction.
  • Le problème le plus important est de loin le nouveau casier que l’ANGeD compte creuser près de la communauté d’El Attar. Depuis 2008, il était prévu que la décharge de Jbel Borj Chakir allait fermer ses portes durant l’été 2013 vu que tous les casiers seront saturés. Le ministère de l’environnement a prévu la construction d’une autre décharge de déchets à Kabouti près de Mornag et les travaux ont été entrepris en 2010. Après la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier 2011, les résidents de Kabouti ont arrêté les travaux de construction et ont clairement manifesté leur refus catégorique de voir une décharge de déchets construite près de chez eux. Cette zone est agricole par excellence, abrite les terre les plus fertiles en Tunisie et se trouve à quelques centaines de mètres du plus grand barrage à Mornag, le barrage Oued Al Hma. Malgré toutes les négociations qui ont été entreprises avec eux, ils sont restés fermes sur leur position.

  • Depuis la fin de 2011, nous avons attiré l’attention de l’opinion publique et du ministère de l’environnement à ce problème épineux (veuillez revoir nos rapports et nos correspondances de l’année 2012). A maintes reprises nous avons appelé les autorités à chercher un autre site pour la construction d’une décharge de déchets ménagers pour le Grand Tunis. Malheureusement, rien n’a été fait et nous faisons maintenant face à une vraie crise



  • La Grand Tunis fait maintenant face à une grave crise des déchets. En effet, et vu qu’il n’y a aucune autre décharge de déchets prête à accepter plus de 3 000 tonne de déchets/jour, et la seule solution qui reste aux autorités est de creuser un autre casier à l’intérieur de la décharge de Jbel Rorj Chakir. Or, cette décharge est saturée, et à cause des pylônes de lignes de haute tension de la STEG à l’intérieur, le seul endroit possible pour creuser nouveau casier se trouve dans un terrain qui se situe à moins de 50 mètres du quartier d’El Attar. Les résidents de ce quartier s’y opposent vigoureusement, et des résidents d’autres communautés adjacentes tels que Jayara et Sidi Hassine les supportent dans cette position. A chaque fois que les foreuses ont essayé de creuser des forages de reconnaissance géotechniques, des émeutes on éclaté à Al Attar et les ingénieurs/techniciens ont été obligés de fuir les lieux. Nous savons que les autorités tunisiennes ont négocié un financement avec le KFW et le GIZ pour l’aménagement du nouveau casier, mais ce projet ne verra jamais le jour car les résidents s’y opposent fermement à cause de sa proximité de leur quartier, à moins que les autorités trouvent un autre endroit à l’intérieur de la décharge.

  • Nous avons encadré les résidents d’El Attat/Borj Chakir, identifié tous les problèmes causés par la décharge et contacté les autorités compétentes et les médias. En un lapse de temps assez court nous avons réussi à amener cette cause au premier plan. La souffrance des résidents d’Attar/Borj Chakir a fait La Une des média écrits et télévisuels. Suite à nos expérience avec les décharges d’Enkhila (gouvernorat de Nabeul) et d’Oued Laya/Naggar (gouvernorat de Sousse), nous nous sommes directement adressés au responsables de haut niveau au premier ministère et à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). A l’ANC, nous avons eu des entretiens avec des députés de la commission « environnement et énergie ». D’autres rencontres sont prévues avec des hauts responsables gouvernementaux de haut niveau et d’autres membres de l’ANC pour mettre en place un plan d’action clair pour la mise à niveau de la décharge. Les demandes sont par les suivantes :

  • La mise en place d’un plan d’action de grande envergure pour la mise à niveau de la décharge pour qu’elle soit conforme aux normes internationales en vigueur
  • La mise en place d’une nouvelle stratégie de gestion des déchets qui permettra de minimiser la quantité de déchets acheminés vers la décharge.
  • La mise en place d’un programmé qui permettra de vider/couvrir les bassins de lixiviats dans les plus brefs délais.
  • Envisager des solutions rapides pour trouver un autre endroit pour construire une nouvelle décharge de déchets ménagers vu que le site de Jbel Borj Chakir est saturé. Il est hors de question de creuser un autre casier sur ce site.

  • Le Grand Tunis fait face à une crise de déchets. Les travaux à la décharge de Kabouti n’ont pas été achevés et ne s’achèveront probablement jamais. Les résidents d’Attar s’opposent farouchement à l’aménagement d’un autre casier près de chez-eux. Dans les circonstances actuelles, les autorités sont en train tout simplement d’augmenter la hauteur du talus des déchets dans le dernier casier. Cette hauteur a dépassé toutes les limites tolérables.